Informations
Nom : Anabase
Auteur : Joll
Notation : 4/4
Créé le : Fri Jan 01 2021
Objet no : SCP-2084
Classe : Sûr
Procédures de Confinement Spéciales
SCP-2084 doit être entièrement recouvert par une tente en caoutchouc étiquetée comme contenant du matériel biologique dangereux à l'intérieur. Tous les membres du personnel pénétrant à l'intérieur de SCP-2084 doivent se soumettre aux procédures de décontamination avant d'en sortir. L'accès à SCP-2084 est interdit à tous les membres du personnel ne disposant pas d'une autorisation de Niveau 3 et qui ne sont pas équipés d'une combinaison Hazmat de Niveau C.
Description
SCP-2084 est un collège situé à █████ en Floride, dans le quartier de ████ ██████. L'intérieur contient un agent pathogène capable de provoquer des hallucinations auditives et visuelles d'une durée de 1 à 60 secondes. Des tests ont démontré que l'agent pathogène a été neutralisé par un anticorps inconnu présent à l'intérieur de SCP-2084, ce qui indique que les hallucinations dépendent entièrement du bâtiment scolaire lui-même. Le contenu de ces hallucinations est constant d'un individu à l'autre, et les rapports des incidents hallucinogènes sont disponibles ci-dessous.
Avant le ██/██/199█, le bâtiment scolaire était en service jusqu'à ce qu'il soit lourdement endommagé par l'ouragan ██████. L'école a été condamnée et est restée abandonnée jusqu'au ██/██/200█. Sa démolition était prévue pour cette date, mais SCP-2084 est apparu la nuit d'avant, ne laissant aucune trace de la structure préexistante.
SCP-2084 semblait avoir été abandonné récemment, et tous les appareils électroniques fonctionnaient toujours après avoir été reconnectés. La disposition du bâtiment a été comparée à celle du Collège ████ ██ ███, qui occupait précédemment le terrain ██ ans avant d'être démoli et remplacé par un nouveau bâtiment scolaire. À l'exception du style d'architecture anachronique1, le bâtiment en lui-même est ordinaire.
Dossiers concernant SCP-2084
Note : Afin d'éviter toute forme de biais, aucun des agents n'a écouté ou lu les rapports des autres jusqu'à ce que les quatre rapports aient été enregistrés dans la base de données de la Fondation. Les enregistrements audio des agents présents sur les lieux sont contradictoires et la potentielle présence d'effets psychotropes a été reconnue. Les agents ne s'entendent cependant pas sur quels éléments de leurs rapports ont pu être affectés par ces effets.
Date : 23/3/06 Heure : 11:37
Je viens d'entrer et le premier truc qui me frappe, c'est l'odeur. On dirait l'odeur d'une morgue. Quasiment tout me paraît intact et propre. On dirait bien le Collège [DONNÉES SUPPRIMÉES], mais il manque des trucs, comme les ascenseurs et les alarmes de feu. Le bureau à la réception possède un vieil ordinateur, c'est écrit ''Tout doux, chéri'' sur l'écran. Attendez, oubliez ça. L'ordinateur vient de disparaître. Je signale un potentiel effet de type danger-cognitif.Date : 23/3/06 Heure : 14:02
J'ai été déclaré positif à un hallucinogène. Le docteur m'a dit que l'effet disparaît par lui-même, mais pas tant que je serais encore à l'intérieur. J'ai été décontaminé et je me sens bien, prêt à y retourner. C'est pas du tout comme la LSD.La réception n'a pas changé depuis que je suis parti, aucun ordinateur, des papiers sont éparpillés partout. Je vais inspecter les salles de classe.
Salle 108. On dirait—non. Elle vient de changer. Au moment où je cligne des yeux, les choses changent. Prenez ça en note pour les explorations futures. Vous devriez peut-être amener une caméra pour voir si c'est juste moi ou si c'est réellement une illusion. J'étais sur le point de dire que la salle de classe avait l'air neuve et inutilisée, et puis elle a changé ; il y a des papiers partout, les bureaux sont renversés, il y a beaucoup de moisissure au plafond. Bienvenue à [DONNÉES SUPPRIMÉES], gracieuseté de la Floride.
Salle 110. Il y a des gosses ici. Il y en a un qui m'a vu et qui sort de la salle de classe. Hey, qu'est-ce que tu fais ? [Aucun autre bruit n'est entendu] Je suis un surveillant… Allez, retourne à ton examen. Il est parti. La salle de classe vient de disparaître. Le gosse m'a dit que leur examen allait commencer. La salle me semblait normale lorsque j'y ai jeté un coup d'œil, mais maintenant, il y a de l'équipement médical partout. Peut-être pour vérifier si les enfants ont des poux de tête.
Rien à signaler dans les salles de classe. Je monte à l'étage. Un panneau était accroché sur une des portes, mais quelqu'un l'a déchiré en deux. On dirait que quelqu'un a laissé tomber une grosse bouteille de quelque chose ici, il y a de la vitre et un liquide séché qui a l'air collant. Ça sent la pourriture. J'inspecte les salles de classe maintenant.
Rien à signaler dans les salles de classe à l'étage. La cage d'escalier… la cage d'escalier que j'ai emprunté pour monter est détruite. Je ne sais pas comment j'ai fait pour monter. La cage d'escalier à l'autre bout du couloir est intacte, cependant. Je pense que je suis monté par là.
L'ordinateur est revenu au bureau de la réception. ''Tout doux, chéri'' est toujours écrit à l'écran. Je n'y touche pas, mais j'ai été tenté d'écrire ''Bien sûr, bébé''.
Terminé.
Date : 24/3/06 Heure : 08:01
Rien d'anormal, on dirait une vieille école. Je suis un peu nerveux, je m'attends à ce qu'un truc apparaisse et me crie ''Surprise, connard !'' Je n'ai jamais eu d'hallucinations auparavant. Je vérifie un des livres… on dirait un cahier de mathématiques. Tous les problèmes ont été faits, l'écriture est en anglais.Je me dirige vers les couloirs maintenant. Je regarde à l'intérieur de la salle 129. Le plafond s'est écroulé. Un tas de bureaux et de chaises sont tombés dans la salle. On ne dirait pas que la salle était utilisée, donc c'est déjà ça.
Juste en face de moi— Oh mon Dieu ! [Rire nerveux] J'imagine que ça doit être un de ces trucs… Je viens d'apercevoir une personne devant moi dans l'embrasure de la porte, mais elle est partie lorsque j'ai cligné des yeux. Je vérifie cette salle… bizarre. Il y a plusieurs lits avec des tiges porte-sérum à côté d'eux, comme dans une chambre d'hôpital. Je ne pense pas que les intraveineuses soient courantes dans le bureau d'une infirmière de collège.
Au fond du couloir, il y a un tas de casiers contre le mur. Le couloir tourne à un angle serré vers un autre couloir. Il fait noir et tout est silencieux. Je vais bien, cependant. [Des gémissements et des sanglots sont entendus, suivis d'un crissement de chaussure] S'il vous plaît, faites que ce ne soit pas réel… Oh mon Dieu… il y a une pile de corps ici. Des enfants. Quelques adultes. Tous entassés les uns par-dessus les autres. Certains d'entre eux sont nus. Ça ne disparaît pas. Oh mon Dieu, ça ne disparaît pas.
Je suis parti pour reprendre mon souffle… pour l'amour de Dieu, c'est encore là. Ça ne disparaît pas. Je ne peux pas… Je ne peux pas… [Respiration difficile, suivie de bruits de vomissements]. Ça ne veut pas… c'est encore là. Ça sent…
Date : 2/4/06 Heure : 06:54
Je suis à la réception. Rien d'anormal jusqu'à présent, mis à part qu'un ordinateur est allumé. Il est écrit ''Inspire, accroche-toi, et amuse-toi [DONNÉES SUPPRIMÉES]'' Oh il connaît mon prénom, comme c'est mignon.Toutes les salles ici sont vides, ou remplies de déchets. Le couloir tourne brusquement à gauche vers un autre couloir beaucoup plus grand. Il n'y a rien ici, mais c'est sacrément éclairé. Est-ce que l'électricité fonctionne toujours— Oh, c'est une hallucination, je vois ! Il y a des enfants qui marchent dans le couloir vers moi. Il y en a un qui a trébuché et qui est tombé, aïe. Hm… il ne se relève pas. Je ne pense pas qu'il a trébuché. Merde, il a disparu. Dès que j'ai fait un pas vers lui. La lumière s'est éteinte aussi.
Salle 115. On dirait un laboratoire informatique. Il y a des enfants ici, ils m'ignorent tous. Je ne peux pas entendre un mot de ce qu'ils disent, mais on dirait que plusieurs d'entre eux discutent. L'écran d'un des ordinateurs près de moi affiche les mots ''Je me sens bien'' écrit en grandes lettres. C'est une drôle de pièce où donner des vaccins.
Dans les couloirs, la lumière est revenue. La même scène rejoue encore ; des enfants courent, un d'eux tombe. Je vois maintenant qu'il n'a effectivement pas trébuché, mais qu'il a plutôt été frappé par-derrière. Peut-être par une roche ou une balle. Ce couloir sent les toilettes usées et il y a de la moisissure partout sur les murs.
[L'agent Saisset crie et bégaie de façon incohérente. Aucun autre bruit n'est entendu à l'exception de sa respiration.] Je viens de tourner le coin et j'aperçois quelqu'un devant moi. Il porte un uniforme de médecin, et il me dit que je ne suis pas censé être ici. C'est une zone de quarantaine. Je ne sais pas si ce truc va capter sa voix, je— [Pause.] Oui ? Non, non, je suis sur mon téléphone. Un téléphone portable. Vous savez—argh. Il est parti. C'est fatigant.
Je suis à la réception. Ça sent encore les toilettes. L'ordinateur a disparu, mais il y a une pile de livres sur la chaise derrière le bureau. Est-ce que ça a toujours été là ? Ce sont tous des manuels, rien d'anormal.
Terminé.
Date : 8/4/06 Heure : 18:15
Je m'avance dans le couloir. L'entrée sentait la merde, même au travers de la combinaison. Mais, étant donné toute la moisissure et les autres merdes partout sur les murs, c'est rien d'anormal.Salle 129. Le plafond s'est effondré. Les débris du deuxième étage encombrent toute la pièce. Aucun signe de vie ici.
Salle 127. Pareil. Il y a une sorte de moisissure qui s'échappe d'un des bureaux renversés. En tout cas, j'espère que c'est de la moisissure. Ça sent plutôt comme de la… non, attendez. Fait chier, je l'ai perdu.
Salle 125. Quelque chose a brûlé ici. Brûlé récemment, je dirais. On dirait qu'il y a encore un peu de fumée dans l'air. Malgré tout, je ne peux pas sortir de ma combinaison pour vérifier.
J'ai cru entendre quelqu'un derrière moi, mais il n'y avait rien. Je me dirige vers le fond.
Ohhhhhh merde. Il y a une immense pile de cadavres ici. On dirait qu'ils sont frais… Oh putain ! Ils ont disparu ! Tout le truc s'est envolé. Ma combinaison doit être défectueuse, je ne devrais pas être capable de voir cette merde.
Date : 9/4/06 Heure : 09:00
On va réessayer de nouveau… nouvelle combinaison, plus haut niveau. Je continue de vérifier les salles de classe.Salle 128. Des lits médicalisés avec des tiges porte-sérum à côté de chacun d'entre eux. Je ne vois rien d'autre ici.
Le couloir du fond est vide. Je monte à l'étage.
La cage d'escalier s'était effondrée, j'ai dû emprunter celle à l'autre bout du couloir. Il y a une grosse tâche sur le plancher dès qu'on en sort. On dirait qu'une grosse bouteille en verre d'un truc épais et visqueux a été échappée ici. C'est encore humide.
Oh merde. Il y a un groupe de garçons devant moi, ils entrent dans une salle. Ma combinaison est encore défectueuse. Je ne sais pas comment, mais je les vois encore. Je redescends.
Il y a quelque à la réception en train d'utiliser un ordinateur. Putain, il m'a vu. Il s'approche… Il vient de disparaître. Il a dit ''Bien sûr, bébé'', et il a disparu. L'ordinateur est toujours là. À l'écran, on peut lire… ''Êtes-vous vivant ?'' [Bruits de clavier] Je viens de répondre ''Non''. Et… l'ordinateur vient de disparaître. Bon, d'accord, si c'est comme ça.
J'ai du mal à ouvrir la porte… La porte est bloquée. Bel essai, les fantômes, mais nous avons des pieds-de-biche. Terminé.
Addendum D-4
Un rapport a été soumis par l'agent Piper au nom d'un certain ''Agent Locke''. Tous les autres agents ont signalé être familiers avec ce dernier à la suite de leurs explorations. Les archives de la Fondation indiquent qu'aucun ''Agent Locke'' correspondant aux descriptions fournies n'était présent sur les lieux à aucun moment. Le contenu du rapport fourni par cet agent inconnu est disponible aux membres du personnel disposant d'une accréditation de sécurité de Niveau 3 ou plus. La transcription est enregistrée à la fin de ce dossier.
Date : 9/4/06 Heure : 00:01
[L'enregistrement débute avec un vacarme en fond, ainsi que des voix qui discutent et crient.]Rapport de situation. Comme il fallait s'y attendre, les choses se sont grandement détériorées. Les sujets ne réagissent pas aux vaccins. Meilleur scénario, asphyxie au bout de 2 ou 3 minutes. Pire scénario… je ne sais pas comment décrire cette horreur. Ils continuent de bouger. Ils convulsent, ils sont couverts de spasmes, certains se tiennent même debout pendant quelques secondes avant de s'effondrer sur eux-mêmes. Nous devons les brûler ; ils n'arrêtent pas tant qu'ils ne sont pas réduits en cendres. Vous auriez pitié de leurs cadavres.
Les symptômes coïncident avec ce qu'on a pu observer en Asie de l'est. Des hémorragies internes, des vomissements, des diarrhées et une absence de transpiration menant à l'hyperthermie. Un nouveau symptôme est apparu auprès des nouveaux patients ; la démangeaison. Comme si ce n'était pas assez de se gratter le cul et d'en finir là ; la démangeaison persiste, et elle brûle. Certains enfants se déshabillent, incapables de supporter le moindre contact physique, et se grattent jusqu'au sang. Ensuite, ils continuent de se gratter.
En ce qui concerne les rapports médicaux… Dante ne pouvait pas imaginer quelque chose d'aussi cauchemardesque. D'abord, nous voyons leurs noms, en commençant par les réfugiés. Nom, âge, sexe, symptômes, prescription, pronostic… les survivants sont cochés en bleu. Nous pouvons feuilleter des douzaines de pages sans jamais voir de bleu. Le style d'écriture change à un certain point. Le nouveau écrit droit au but : ''Femme, 31 ans, morte. Homme, 13 ans, mort.''
J'ai presque du respect pour la cruauté d'un ennemi prêt à viser des civils avec une arme biologique comme ça. Quand nous avons appris à quel point les insurgés ont fait les cons… ils ne méritent pas notre pitié. Les gens comme ça… ils se sont rabaissés trop bas pour être des animaux, ils sont trop stupides pour être des monstres, et ils sont bien au-delà de toute rédemption maintenant.
Non. Ça ne peut plus continuer. Hier n'était qu'une tempête de coups de feu. Aujourd'hui, on peut entendre les cris de nos ennemis parmi ceux de nos alliés. Ils nous auront envahis d'ici la tombée de la nuit. Il est probablement déjà trop tard pour ces gens, mais nous devons commencer à évacuer maintenant si nous voulons sauver quoi que ce soit. Avec de la chance, l'Anabase sera activée avant que l'ennemi nous envahisse. Sinon, nous aurons au moins l'avantage alors qu'ils essaieront de comprendre ce qui vient de se passer. Peut-être qu'ils créeront un bordel tellement immense de leur côté que nous n'aurons même pas à nous préoccuper d'eux.
J'espère que ça fonctionnera. Que Dieu sauve notre race.
Terminé.
Addendum D-5
Une cinquième expédition à l'intérieur de SCP-2084 était prévue, mais a dû être retardée en raison des préoccupations concernant la présence d'hallucinogènes dans le bâtiment. Peu de temps après, la cinquième expédition a eu lieu. Aucune hallucination anormale n'a été signalée. Le disque dur d'un ordinateur en parfait état a été récupéré lors de l'expédition. Le contenu trouvé sur le disque dur est disponible ci-dessous.
2084-1 : Correspondances par e-mail
2084-2 : Correspondances non datées par messagerie instantanée
DONNÉES SUPPRIMÉES