SCP-1123 : Crâne de l'atrocité

Informations

Nom : Crâne de l'atrocité
Auteur : Karaghan
Notation : 12/16
Créé le : Sat Apr 11 2015
Objet no : SCP-1123
Classe : Sûr

Procédures de Confinement Spéciales

Afin d'empêcher toute détérioration de SCP-1123 et des inscriptions présentes sur celui-ci, SCP-1123 doit être conservé en permanence dans une atmosphère saturée en gaz d'argon à l'aide d'un conteneur hermétiquement fermé, en dehors des phases de test. En outre, que ce soit pendant les tests ou le stockage, la température doit être comprise entre 20 et 24 degrés Celsius, la luminosité doit être limitée à 50 lux et l'humidité inférieure à 55%. SCP-1123 devra être transporté exclusivement dans le conteneur qui lui a été attribué et ne devra pas être manipulé en dehors des expériences planifiées. Lorsqu'il n'est pas soumis à des tests, l'objet doit être stocké au Site-19 dans une enceinte climatique sécurisée.

Description

SCP-1123 est un crâne humain auquel il manque la mâchoire inférieure et toutes les dents. Sur le squama frontalis extérieur, des symboles en khmer moderne sont écrits avec du sang humain et peuvent se traduire ainsi : "Souviens-toi". Le crâne et le sang ont été datés avec certitude de 197█ et des tests génétiques ont confirmé que tous deux proviennent du même individu.

SCP-1123 a été découvert en 198█ par le Colonel Hu ████ de l'Armée Populaire Vietnamienne parmi une collection de restes humains en possession du musée de ████ █████ ███████ à █████ ████, au Cambodge. SCP-1123 a été intercepté par des agents de la Fondation pendant son transfert à Hanoï.

L'inscription en khmer est en partie effacée et n'est pas visible pour la plupart des sujets au-delà d'une distance de 5 mètres. Cependant, tout sujet s'approchant de SCP-1123 rapportera que l'inscription devient progressivement de plus en plus visible, et ce jusqu'à moins d'un mètre de distance, où celle-ci sera décrite comme récemment réalisée. Quelques sujets à cette distance rapportent que l'inscription est "encore fraîche." Cet effet ne peut être reproduit avec du matériel optique. L'enregistrement visuel de l'inscription nécessite l'utilisation d'appareils optiques de pointe ou un éclairage UV. (Cette dernière méthode n'est pas autorisée pour des interactions avec SCP-1123 car elle contribue à la détérioration de l'objet). À cette distance, les sujets rapporteront également souvent d'autres phénomènes sensoriels anormaux, comprenant des odeurs (comme de la viande cuisinée ou des cendres), des sons (comme des cris assourdis, une faible respiration, de faibles battements de cœur, ou encore des pas éloignés) et des réactions tactiles (comme des grains de sable dans les yeux, des fourmillements sur le dos de la main, ou des éclats de verre dans la plante du pied.)

Quand les sujets touchent la surface de SCP-1123, ils entrent dans un état de fugue dissociative. Cet état apparaît instantanément et n'est pas affecté par la rupture de contact avec SCP-1123. Les symptômes de la fugue dissociative persistent entre quatre-vingt-dix (90) minutes et six (6) heures. La fugue dissociative est caractérisée par un état de confusion et de désorientation, ainsi que l'adoption d'une nouvelle identité et de souvenirs qui consistent en des connaissances, incluant la maîtrise d'une langue, auparavant inconnues au sujet. Durant l'état de fugue dissociative, le sujet perd tous les souvenirs de sa précédente identité. Les sujets ont montré des réactions variées, allant de la presque catatonie à des tentatives d'évasion ou d'agression envers le personnel de la Fondation. Au fur et à mesure que l'état de fugue dissociative se dissipe, les sujets regagnent les souvenirs de leur identité précédente, mais conservent aussi ceux de leur nouvelle identité obtenue ainsi que toutes les connaissances associées. Les sujets ont décrit l'expérience entre le contact avec SCP-1123 et la fin des symptômes de la fugue dissociative "comme s'ils avaient vécu l'intégralité d'une autre vie dans le corps d'une autre personne".

Les entretiens post-fugue ont fourni suffisamment d'informations corroborantes dans ███ des ███ cas étudiés pour que les chercheurs puissent, avec l'appui de documents historiques, confirmer que les souvenirs de la personnalité imprimée dans l'esprit du sujet correspondent à ceux d'une personne réelle ayant vécu avant que le sujet ne soit mis en contact avec l'objet. Aucun lien entre les identités acquises et les sujets n'a pu être établi, que ce soit au niveau de l'âge, la généalogie, le genre, l'appartenance ethnique ou la nationalité.

Les identités acquises par les sujets partagent les caractéristiques suivantes :

Les sujets ne subissent aucune répercussion anormale évidente résultant de leur exposition à l'objet, mais montrent des séquelles psychologiques communes aux types de traumatismes expérimentés par les personnalités acquises durant les expériences. La détresse émotionnelle, le syndrome du survivant et la dépression sont des cas typiques. Les pensées suicidaires sont rares, mais ont été observées dans une petite partie des cas. Il doit être noté que dans le traitement de ces répercussions, l'utilisation d'amnésiques n'a pas permis d'observer d'améliorations psychologiques et s'avérait souvent avoir des conséquences néfastes.

Addendum 1

Journal d'Expérience 1123-A

Test 0003

Date : ██/██/19██

Sujet : Un homme blanc d'origine irlandaise et française. Âgé d'une trentaine d'années.

Procédure : Le sujet s'approche de SCP-1123 et il lui est demandé de toucher l'objet.

Résultats : Le sujet s'écroule au contact du crâne et commence à crier en arménien. Il attaque ensuite les membres du personnel médical de la Fondation tentant de lui porter assistance en les traitant de "Bouchers turcs." Le sujet est placé sous sédatifs et son état de confusion se dissipe au bout de deux heures. Les entretiens post-expérience ont permis d'identifier la personnalité acquise comme celle d'un fermier arménien ayant été brûlé avec environ 150 autres habitants de son village par l'armée ottomane en 1915. Aucun rapport n'existe concernant l'individu, mais l'événement a été documenté dans une attestation de 1919 ayant été présentée devant le Tribunal de Malte juste après la Première Guerre mondiale.

Test 0508

Date : ██/██/19██

Sujet : Une femme asiatique d'ascendance chinoise. Âgée d'un peu plus de 60 ans.

Procédure : Le sujet s'approche de SCP-1123 et il lui est demandé de toucher l'objet.

Résultats : Le sujet exprime de l'appréhension avant le contact de SCP-1123. Après le contact avec SCP-1123, le sujet reste immobile pendant quinze minutes. Ensuite, le sujet s'assied sur le sol et reste insensible à tout stimulus extérieur pendant encore deux heures. Quand l'état de fugue dissociative se dissipe, le sujet entre de façon clairement visible dans un état de détresse émotionnelle plus prononcé et se met à pleurer. Les entretiens post-expérience ont permis d'identifier la personnalité acquise comme celle d'une fille ukrainienne de 16 ans qui est décédée à la fin de l'année 1932 victime à la fois de malnutrition, de molestation et de viol par les membres d'une brigade de jeunes soviétiques responsables de la confiscation de la réserve de grains des paysans ukrainiens.

Test 1157

Date : ██/██/20██

Sujet : Une femme d'origine latino-américaine et d'ascendance cubaine. Âgée d'une quarantaine d'année.

Procédure : Le sujet s'approche de SCP-1123 et il lui est demandé de toucher l'objet.

Résultats : Avant le contact avec SCP-1123, le sujet se plaint d'une fumée lui irritant les yeux. Le sujet touche SCP-1123 et reste inerte et immobile pendant vingt-cinq minutes. Après vingt-cinq minutes, l'état de fugue dissociative prend fin, mais le sujet touche toujours SCP-1123. Le sujet ne présent aucune résistance lorsque le personnel de la Fondation l'escorte hors de la zone de test. Après une semaine de mutisme, le sujet fournit des informations sur l'identité acquise. Celle-ci était celle d'une femme polonaise d'origine juive qui est décédée dans le camp d'extermination de Treblinka en 1942.

Test 1815

Date : ██/██/20██

Sujet : Un homme noir d'origine haïtienne. Âgé d'un peu plus de 20 ans.

Procédure : Le sujet s'approche de SCP-1123 et il lui est demandé de toucher l'objet.

Résultats : Avant d'entrer en contact avec SCP-1123, le sujet se plaint "d'une odeur chimique" et de démangeaisons intenses au niveau de ses extrémités. Le sujet touche SCP-1123 et se met immédiatement à tousser. La quinte de toux diminue et le sujet exprime de la confusion et de la détresse, mais apparaît rassuré lorsqu'il se rend compte que le personnel de la Fondation est américain. Le sujet communique en Sorani, un dialecte Kurde, parlé au Kurdistan irakien. L'état de fugue dissociative prend fin au bout de 60 minutes. Les entretiens post-expérience ont permis d'identifier la personnalité acquise comme celle d'une victime de 85 ans d'une attaque de gaz moutarde pendant la campagne d'Anfal en 1989 par le régime irakien. Note : Première occurrence de l'acquisition d'une identité provenant d'une date postérieure à l'origine de SCP-1123.

Conclusions : Avec ████ tests réalisés à ce jour, un modèle statistique clair a commencé à apparaître. La probabilité qu'un sujet acquiert une empreinte mémorielle provenant d'un événement historique particulier est à peu près proportionnelle au nombre de victimes pouvant être attribué à cet événement. Par exemple, ██ % des identités acquises proviennent du Grand Bond en avant de la Chine communiste entre 1958 et 1961, ██ % des identités acquises proviennent des efforts d'extermination de l'Allemagne nazie entre 1939 et 1945, tandis que seulement █ % proviennent d'événements comme le Génocide arménien ou la campagne irakienne d'Anfal, où le nombre de victimes est seulement estimé à 1 ou 2 millions.


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