SCP-599-FR : Le Roi est mort, longue vie au Roi

Informations

Nom : Le Roi est mort, longue vie au Roi
Auteur : Herolles
Notation : 35/35
Créé le : Thu Apr 28 2022
Objet no : SCP-599-FR
Niveau de Menace : Orange ●
Classe : Euclide

Procédures de Confinement Spéciales

SCP-599-FR doit être confiné dans une cellule pour humanoïde standard du Site-Beth. SCP-599-FR ne semblant se montrer coopératif qu'avec les membres du personnel d'origine slave, il convient d'affecter en priorité des membres venus d'Europe de l'Est à l'étude de celui-ci. À la suite de sa requête et de sa bonne conduite, SCP-599-FR est autorisé à continuer l'écriture de ses mémoires qui doivent ensuite être copiées et analysées par le docteur Malik ou tout autre chercheur disposant d'une accréditation de Niveau 3 ou plus et le remplaçant.

Dans le cadre du protocole "Cœur de l'Ogre", des robots d'indexations de la Fondation sont chargés de surveiller les principaux canaux d'information à la recherche de mention d'individus d'origine slave semblant survivre anormalement longtemps ou étant déjà supposés être décédés. De plus, toute trace d'une signature thaumaturgique semblable à celle enregistrée dans la base de données EAS, à partir de SCP-599-FR-1-A, doit immédiatement être signalée. En cas de relevé ou de signalements suspects, la FIM Êta-3 ("Les Croque-morts") doit être dépêchée sur les lieux à la recherche de toute instance potentielle de SCP-599-FR-1. Celles-ci doivent ensuite être confinées dans des casiers de stockage adaptés de l'aile-C du Site-Beth.

Les chercheurs disposant d'une accréditation de Niveau 2 ou plus et souhaitant expérimenter sur des instances de SCP-599-FR-1 doivent au préalable faire approuver leur batterie de tests par le directeur de recherche Nowak.

Mise à jour du 05/11/2013 : SCP-599-FR-1-A doit être gardé dans un conteneur sécurisé du Site-Beth. Seuls les membres du personnel de Niveau 4 ou plus, ainsi que le directeur de recherche Nowak sont autorisés à consulter le contenu de SCP-599-FR-1-A et doivent se voir administrer des amnésiques de Classe B une fois leur consultation terminée. Toute copie du contenu de SCP-599-FR-1-A est passible de rétrogradation en Classe D.

Description

Photographie de SCP-599-FR prise antérieurement à son confinement.

SCP-599-FR désigne un individu caucasien de sexe masculin semblant être âgé d'une septantaine d'années, nommé Milorad Novy. SCP-599-FR est capable de s'exprimer fluidement dans divers dialectes issus de la famille des langues slaves comme le slovène ou le ruthène, bien qu'il semble leur préférer le russe qu'il utilise afin de communiquer avec le personnel de la Fondation.

Le premier aspect anormal de SCP-599-FR est son absence totale de vieillissement malgré sa naissance supposée en 8██. De plus, malgré son apparence âgée, il dispose de capacités physiques légèrement supérieures à la moyenne. La cause de cette anormalité est identifiée comme étant SCP-599-FR-1-A, un livre confectionné et écrit de sa main1. Les objets issus d’un processus de fabrication similaire à celui de SCP-599-FR-1-A sont désignés comme des instances de SCP-599-FR-1.

SCP-599-FR-1-A est un livre de 7 cm d’épaisseur et de 25 cm de hauteur contenant 120 pages faites en divers matériaux. SCP-599-FR y a principalement écrit des poèmes et des contes en lien avec la culture slave et avec sa vie dont les traductions pertinentes sont disponibles dans cette archive.

  • Métaux (fer, acier, acier inoxydable, bronze, cuivre et titane), pour 15 pages et quatrième de couverture.
  • Papier (de diverses fabriques et matériaux de base), pour 68 pages.
  • Cuir (animaux identifiés : moutons, bovins, canidés, lapins, rats), pour 12 pages.
  • Peau humaine (vivante), première, deuxième et troisième de couverture.
  • Papyrus, pour 6 pages.
  • Vélin, pour 19 pages.

SCP-599-FR-1-A a été fabriqué par SCP-599-FR afin d’incarner le concept de mort propre à sa personne, liant donc la durabilité de l’objet à la durée de vie de son fabricant. Des traces d’une connaissance de cette méthode par les populations d’Europe de l’Est ont été identifiées dans les mythes et histoire relatifs au “Kouchtcheï”, un sorcier dit “sans-mort” pouvant uniquement être défait si sa mort est "retrouvée ou fabriquée" et détruite. Les récits ne faisant généralement qu’une mention superficielle du processus de création, aucune censure n’est nécessaire.

Actuellement, SCP-599-FR est le seul à pouvoir fabriquer des instances de SCP-599-FR-1 il est possible que quelques personnes soient capables de fabriquer des instances de SCP-599-FR-1, dont deux certifiées.

Le département de Thaumaturgie a pu examiner l’objet et relever une empreinte thaumaturgique confirmant l’anomalie. Cette signature a été ajoutée à la base de données des Empreintes d’Artefacts à Sécuriser2.

Addendum 1 - Rapport de découverte

SCP-599-FR a été découvert le 21/09/19██ aux alentours de la bourgade de P██████████ dans l'Oblast de Sverdlovsk en Russie. Cette découverte fait suite à de nombreux signalements rapportant les disparitions d'une dizaine de touristes occidentaux.

SCP-599-FR n’a pas protesté durant son interpellation mais faisait preuve d’une hostilité affichée à l’encontre des membres de l’équipe n’étant pas issus de cultures slaves. Le livre était dans un sac de cuir passé en bandoulière. Sur les onze disparus, deux corps ont été retrouvés dans une annexe de la maison de SCP-599-FR. Il n’a pas semblé choqué ni mal à l’aise une fois confronté aux corps, expliquant qu’il avait besoin de "matière première".

Addendum 2 - Rapport d'interrogatoire 1

Interrogatoire no 8-599-FR

Interrogateur : Docteur Siyanko Vasilievich
Interrogé : SCP-599-FR

Notes préalables : SCP-599-FR a refusé tout dialogue dans une langue n'étant pas de la famille des langues slaves, bien qu'il ait clairement montré des signes de compréhensions des autres langues. Le chercheur en biologie Siyanko Vasilievich a été dépêché afin de reprendre le dossier après que les interrogatoires préliminaires ont été conduits par un agent d'intervention tactique bilingue.

<Début de la retranscription>

Dr Vasilievich : Nous allons donc pouvoir commencer. Tout d'abord, bonjour.

SCP-599-FR : Bonjour à vous, monsieur.

Dr Vasilievich : Je reprends le dossier à partir d'aujourd'hui, et je lis que vous êtes au courant des raisons de votre situation.

SCP-599-FR : Tout à fait, votre collègue a été très clair sur le sujet.

Dr Vasilievich : Tant mieux, ça me fait gagner du temps. Donc, nous avons commencé à analyser votre livre, Balade dans sept saisons, et j'ai quelques questions à ce sujet. D'abord, pouvez-vous me parler du contenu ?

SCP-599-FR : (rires) Vous ne savez pas lire ?

Dr Vasilievich : Eh bien, vous savez, je n'ai pas pour habitude de lire des textes en vieux-slave. Mais nous avons quelques traducteurs qui s'en chargent actuellement.

SCP-599-FR : Oh oh, excusez-moi, il est vrai que le monde change si vite. Enfin, c'est un humble recueil de poèmes et de contes, que j'ai pu trouver ou écrire sur mon chemin.

Dr Vasilievich : Très bien, mais quels en sont les thèmes ?

SCP-599-FR : Lorsque je l'ai commencé, j'étais fasciné par les mythes autour de Yarilo, un des anciens dieux. Il régnait sur sept mois de l'année sitôt que le printemps revenait. J'ai pensé que ça me ferait un bon point de départ.

Dr Vasilievich : Ah, je vois, une sorte d'anthologie sur le thème du renouveau ?

SCP-599-FR : Non, vous n'y êtes pas. Le retour serait un terme plus approprié.

Dr Vasilievich : Je vois, bon, nous en discuterons une fois la traduction complétée. Et pour ce qui est de l'enveloppe ? Nous avons surtout analysé l'objet, pour tout vous dire.

SCP-599-FR : Je peux le comprendre, j'ai mis beaucoup de cœur à le fabriquer ! Chaque page est si complexe, et il est toujours si difficile d'en fabriquer une nouvelle. Mais que voulez-vous savoir ?

Dr Vasilievich : D'abord, pourquoi est-il fait ainsi ? On ne voit pas tous les jours des livres pareils.

SCP-599-FR : Pour pouvoir résister au temps. Enfin, aussi pour que je puisse réparer les parties indépendamment, avant qu'elles ne commencent à se détériorer.

Dr Vasilievich : Ça explique les pages en métal.

SCP-599-FR : Des merveilles, n'est-ce pas ? C'est un ancien ouvrier de ████████ qui me les a fabriquées.

Dr Vasilievich : Effectivement, j'ai rarement vu une telle finesse. Et concernant la chair, enfin, la peau et la chair sur la couverture…

SCP-599-FR : Oui ?

Dr Vasilievich : Elle provient bien d'un être humain, n'est-ce pas ?

SCP-599-FR : Bien sûr que non ! Vous me prenez pour un sauvage ?

Dr Vasilievich : Je vous prie de bien vouloir m'excuser, mais nos analyses sont formelles.

SCP-599-FR : Je ne sais pas comment vous procédez pour "analyser", mais il ne faut pas vous laisser ainsi abuser. Certes, ils peuvent avoir forme humaine, mais ils restent des animaux.

Dr Vasilievich : De quelle espèce s'agit-il, alors ?

SCP-599-FR : De simples latins, comme ceux qui vous servent d'esclaves ici. Par ailleurs, je vous saurai gré de ne pas les laisser m'adresser la parole. Leurs accents bestiaux sont répugnants.

Dr Vasilievich : Je… je n'y manquerai pas. Et, pour la couverture, pourquoi est-elle encore "vivante" ?

SCP-599-FR : Il faut bien qu'elle puisse se régénérer pour garder le livre en état. D'ailleurs, j'ai demandé à vos bêtes de lui donner du pain.

Dr Vasilievich : Je ne sais pas s'ils ont pu suivre cette directive. Mais pourquoi est-ce important ?

SCP-599-FR : Sinon elle va mourir de faim. Je n'ai pas eu à la changer depuis bien deux siècles. Il serait fâcheux de devoir recommencer.

Dr Vasilievich : J'avoue être un peu perdu, vous n'auriez pas pu utiliser d'autres peaux ?

SCP-599-FR : Oh, j'ai essayé avec d'autres espèces mais je n'ai jamais obtenu d'aussi bons résultats qu'avec celle-ci. Il faut bien reconnaître qu'ils ont la peau dure (rires). Façon de parler, en vérité ils sont justes résistants. Je dois au moins leur reconnaître ça : leur chair est le meilleur matériau que je puisse utiliser pour ma mort.

Dr Vasilievich : Ah oui, les traducteurs m'ont parlé de cet élément récurrent. Qu'entendez-vous par "mort" ?

SCP-599-FR : Oh oh, ce livre, en plus d'être une de mes œuvres, est aussi ma mort.

Dr Vasilievich : Ce qui signifie ?

SCP-599-FR : Que c'est ma mort ? Je ne comprends pas quel problème vous pose cette désignation.

Dr Vasilievich : Euhm, est-ce que cela implique que c'est ce qui vous rend immortel ?

SCP-599-FR : Effectivement. Enfin, je ne sais pas vraiment si c'est le livre ou le fait d'écrire dedans qui joue sur ma longévité. Je l'ai fabriqué il y a des siècles, et la personne qui m'a expliqué comment procéder était elle aussi ignorante sur de nombreux aspects du processus. Mais peu importe. Il me semble que ça fonctionne plutôt bien ! (rires)

Dr Vasilievich : Et comment faites-vous pour fabriquer une "mort" ?

SCP-599-FR : C'est assez compliqué, la première étape étant de… décentrer son concept de finalité ? Je suis désolé, je ne suis pas sûr de connaître les bons mots dans cette langue.

Dr Vasilievich : Essayez toujours, vous nous rédigerez une notice plus tard, si vous avez des choses à ajouter.

SCP-599-FR : Ah ah, merci bien ! Donc, il faut extraire sa fin et la transmettre à un objet-référent-concept. Quelque chose qui remplit ces trois fonctions. La méthode n'est pas claire et dépend beaucoup de ce que vous choisissez, même si on ne sait pas vraiment ce qui est compatible. On m'a recommandé d'utiliser quelque chose que j'aime, que je maîtrise. Il est possible que ça ait une influence sur le résultat.

Dr Vasilievich : D'accord, mais, théoriquement, il est possible pour n'importe qui de fabriquer une "mort" avec cette méthode ?

SCP-599-FR : Hum, il y a toujours l'étape du sacrifice qui peut poser problème. S'il n'est pas bien fait, on ne peut pas le savoir avant que des années entières se soient écoulées. Le plus difficile est sûrement de construire sa méthode en partant de ces indications… Mais, pour répondre à votre question, oui.

Dr Vasilievich : Vous l'avez transmise à d'autres personnes, avant aujourd'hui ?

SCP-599-FR : J'en ai parlé à mes amis, qu'importe l'époque. La solitude me pèse, vous savez. Mais ils sont peu nombreux à avoir ne serait-ce qu'essayé. Encore moins à avoir réussi. Un ou deux, peut-être. Oh, et il y en a un qui s'était mis en tête d'en fabriquer une pour quelqu'un d'autre. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble, il faut dire qu'il me rendait curieux.

Dr Vasilievich : Vous avez des informations sur où on pourrait les trouver, ces gens ? Ou alors de qui il s'agit ?

SCP-599-FR : Ma mémoire n'est plus ce qu'elle était. Et, pour l'autre fou, je ne saurais vous le dire. Il ne m'a jamais donné son nom. Nous nous sommes quittés il y a bien cent ans. Je ne sais pas non plus où ses pas ont pu le porter.

Dr Vasilievich : Très bien. Bon, ce sera tout pour aujourd'hui. Je vous remercie pour vos réponses et votre coopération. Si vous avez besoin de quelque chose, n'hésitez pas à transmettre vos demandes par formulaire.

Note de clôture : Suite à cet entretien, les contacts entre SCP-599-FR et les membres du personnel ont été moins problématiques. Toutefois, il a été demandé à SCP-599-FR de cesser de s'adresser à eux en les désignant comme "esclave" ou "créature". Cette consigne est suivie avec quelques écarts envers les membres du personnel qu'il n'apprécie pas.

Note de Traduction : Nous avons conservé les rimes lorsque cela était possible. Les sens atténués ou amplifiés sont répertoriés dans les notes de bas de page. Les rimes finales étant régulières, nous avons tenu à les conserver étant donné que l'expérience poétique pourrait avoir son importance.

Voyage avec un fou

Nous étions deux, moi, assis face à la plume3
Et lui allongé dans la neige.
Il avait le regard las, et les couleurs de son costume
Étaient devenues si fades. Il revint sur son siège.4
Et jamais je n'ai vu
Un homme au cœur si fendu5.

Nous partîmes en voyage, d'abord vers le soleil6.
Là, il rencontra un tisserand.
Il voulut apprendre à tisser pareilles merveilles7.
Alors auprès de lui il passa six ans.
Et ces années, je crois avoir vu
Un sourire chez cet homme perdu.

Un jour, il s'en alla tisser
Et le fit six mois durant.
Sans nouvelles, je suis allé le visiter.
"Mon ami, que fais-tu ?" "Je tisse."
"Et, dis-moi, que tisses-tu ?"
"Une mort pour le roi pendu."

Il acheva son ouvrage, puis nous reprîmes la route.
Dans son calice, il y avait une goutte.
Et la fille du tisseur
Sut quoi faire de ces douceurs8

Nous sommes allés chez un forgeron
Qui cachait, loin des fers, de belles lames9.
Mon ami le fou apprit avec passion
Il sut vite faire monter les hautes flammes10.
Et cette année, j'ai sûrement vu
Le bonheur de mon ami tordu11.

Un jour, il monta à la forge
Si longtemps que je vis vieillir l'horloge12.
En allant le voir, la fumée me prit à la gorge.
"Mon ami, que fais-tu ?" "Eh bien je forge13."
"Et dis-moi, que forges-tu ?"
"Une mort pour le roi pendu."

Il acheva son ouvrage, puis nous reprîmes la route.
Dans son calice, il y avait deux gouttes.
Et la femme du forgeron
Ne sut que faire de ces bourgeons14.

Il rencontra un bâtisseur
Qui faisait une si belle église
Qu'il le supplia d'en faire son arpenteur15
Pendant vingt ans, il resta en ces lieux.
Et cette fois, j'ai bien vu
Un sourire tant attendu16

Un jour, sans commande, il alla construire
Un édifice sur la colline.
Quatre ans plus tard, je m'y fis conduire17.
"Mon ami, que fais-tu ?" "Je construis"
"Et, dis-moi, que construis-tu ?"
"Une mort pour le roi pendu."

Il acheva son ouvrage, puis nous reprîmes la route.
Dans son calice, il y avait trois gouttes.
Et les amis de l'architecte
Vinrent chez lui faire la collecte18

Nous arrivâmes chez un joaillier
Dont les œuvres étincelaient19.
Et mon ami se fit son apprenti
Pour rendre sublimes de si belles pierres.
Et en deux ans, j'ai revu
La frustration du fou têtu20

Un jour, il resta à l'établi21.
Les mois passèrent et, avant que ne vienne l'hiver22
Je suis allé le voir. Il n'avait pas fini
"Mon ami, que fais-tu ?" "Je taille, je sertis, je m'affaire23 !"
"Et pourquoi le fais-tu ?"
"Pour une mort, une mort pour le roi pendu."

Il acheva son ouvrage, puis nous reprîmes la route.
Dans son calice, il y avait quatre gouttes.
Et le père du joaillier
Pleura longtemps son fils aîné.

Nous fûmes de retour en ma maison.
À mes côtés il écrivit
Des vers si beaux et des histoires de trahison24.
Pour trente ans, il resta ici.
Et la dernière année, j'ai vu
Un espoir pour le pendu25.

Un jour, rien ne semblait différent.
Mais son manuscrit était très long.
Lui qui était si vif, maintenant, prenait le temps.
"Mon ami, que fais-tu ?" "J'écris."
"Et qu'écris-tu ?"
"Une mort pour le roi pendu."

Addendum 4 - Rapport d'interrogatoire 2

Interrogatoire no 9-599-FR

Interrogateur : Docteur Siyanko Vasilievich
Interrogé : SCP-599-FR

Notes préalables : Cet entretien s'est imposé en raison de la difficulté pour l'équipe de recherche à établir des hypothèses concluantes quant à la nature de plusieurs éléments, dont l'individu évoqué dans le poème Voyage avec un fou.

<Début de la retranscription>

Dr Vasilievich : Bonjour monsieur.

SCP-599-FR : Bonjour à vous, cher ami. Que puis-je faire pour vous aujourd'hui ?

Dr Vasilievich : Eh bien, j'ai quelques questions sur celui que vous appelez "le fou".

SCP-599-FR : Que voulez-vous savoir ?

Dr Vasilievich : D'abord, pourquoi cette désignation ?

SCP-599-FR : Parce que c'est ce qu'il est, un fou.

Dr Vasilievich : Certes, mais dans quel sens ?

SCP-599-FR : Oh oh, eh bien, tous ceux que vous pouvez imaginer.

Dr Vasilievich : Dont la fonction et l'état mental ?

SCP-599-FR : Tout à fait. Même s'il était libéré de ses obligations professionnelles quand nous nous sommes connus.

Dr Vasilievich : Et vous savez à qui il était lié ? Qui était son seigneur ?

SCP-599-FR : Il m'en a parlé quelques fois, mais seulement de son passé. Et il y avait ses réponses assez bizarres. Mais vous les avez sûrement lues.

Dr Vasilievich : Ah, effectivement. A-t-il déjà mentionné quelque chose appelé "Alagadda" ?

SCP-599-FR : Il me semble que oui. C'est de là qu'il vient, n'est-ce pas ?

Dr Vasilievich : Peut-être. Mais vous dites avoir passé beaucoup de temps avec lui, est-ce qu'il était immortel grâce à votre méthode ?

SCP-599-FR : Non. J'ai d'ailleurs été assez surpris de rencontrer un autre sans mort.

Dr Vasilievich : Pourquoi s'est-il intéressé à vous alors ?

SCP-599-FR : Je n'en sais pas plus que ce qui est déjà écrit. Toutefois, il cherchait à "utiliser" cette mort fabriquée. Le comment et le pourquoi m'intéressent.

Dr Vasilievich : Hum hum, et en dehors de vos "morts", vous êtes familiers avec d'autres rituels ?

SCP-599-FR : Pas vraiment, pourquoi ?

Dr Vasilievich : Donc vous ne savez pas comment il a fait pour devenir immortel ?

SCP-599-FR : J'ai bien quelques idées et de vieilles histoires en tête, mais je ne me suis pas trop penché sur la question.

Dr Vasilievich : Pas grave, je voulais juste vérifier. Et, dans votre poème, il y a un certain nombre de sous-entendus…

SCP-599-FR : Ah, oui…

Dr Vasilievich : Notamment au sujet de ce qu'il advient des personnes qui ont croisé sa route.

SCP-599-FR : À mon grand regret, elles sont effectivement mortes.

Dr Vasilievich : Et ce n'était pas des… barbares ?

SCP-599-FR : Non, et j'en suis désolé. La méthode initiale évoquait la nécessité d'un sacrifice. Le principe d'équivalence des transgressions, une âme pour une autre, je suppose. Nous ne pouvions utiliser celles de quelques sous-êtres. Puisqu'ils n'en ont pas.

Dr Vasilievich : Votre méthode me semble de plus en plus hasardeuse… Mais, attendez, vous avez dit "méthode initiale", comment ça ?

SCP-599-FR : Au départ, je ne faisais que l'appliquer pour préserver ma vie, je n'ai pas cherché à l'améliorer, ou à la comprendre.

Dr Vasilievich : Vous avez quand même sacrifié des innocents.

SCP-599-FR : Ma vie a plus de valeur que la leur, aucun souci, donc.

Dr Vasilievich : Bon… Les morts qu'il a fabriquées, elles étaient pour son roi, mais à quoi ça devait lui servir ?

SCP-599-FR : Oui, d'ailleurs, maintenant qu'on en parle, je me demande comment il s'y prenait pour créer une mort pour quelqu'un d'autre. Je ne savais pas que c'était possible avant qu'il ne le fasse. Oui, pardon, alors, pour l'utilité des morts… je n'en ai aucune idée.

Dr Vasilievich : Imaginons, si le roi était aussi immortel, une nouvelle mort pourrait-elle mettre fin à son immortalité ?

SCP-599-FR : Peut-être ? Sûrement ? Tout dépend de la nature de l'immortalité en question. Enfin, c'est un des domaines de l'univers où les choses sont des plus incertaines. Les immortels sont déjà des anomalies par chez moi, alors mélanger des formes d'immortalité, c'est la porte ouverte aux résultats imprévisibles.

Dr Vasilievich : Mais il y a une possibilité pour que ça fonctionne, pour que l'immortel meure.

SCP-599-FR : Tout est possible. Mais, si je puis me permettre, s'il essayait de fabriquer une mort, c'était peut-être pour le tuer, mais pas pour mettre fin à son existence.

Dr Vasilievich : Pourquoi fabriquer une mort dans ce cas ?

SCP-599-FR : De ce que j'en sais, une mort peut mener à une fin, mais pas toujours à la fin. Il travaillait aussi sur un autre rituel, il disait qu'il aurait son rôle à jouer mais qu'il fallait se montrer patient.

Dr Vasilievich : Vous sauriez en quoi consistait ce rituel ?

SCP-599-FR : Je sais seulement qu'il lui fallait une coupe remplie de sang. Il n'en a jamais dit plus.

Dr Vasilievich : Bien, merci pour vos réponses. Je vous avoue que j'ai du mal à comprendre ce qu'il se passe exactement. Il veut tuer le roi sans le tuer, il prépare un rituel, et vous vous baladez en parlant de vos petites méthodes de temps à autre…

SCP-599-FR : Si je puis me permettre, il existe aussi des rituels de résurrections, même si je ne les connais pas. Et une résurrection qui outrepasserait une mort fabriquée, j'ai un peu du mal à en imaginer la nature…

Dr Vasilievich : Oh, merde…

Le 28 mai 20██, une gravure est remarquée par un passant dans les jardins Papadopoli de Venise. Un poème y est inscrit en langue slave. La traduction a été entrée dans la base de données puis transmise pour études.

Note de Traduction : Rime finale conservée, conformément à votre demande.

Loin de mon ami, j'ai planté cette graine.
Chaque jour, je m'y rendais, priant pour qu'elle germe.
Un jour, j'ai vu une feuille
Et un passant m'a demandé "que fais-tu ?" "Je regarde."
"Que regardes-tu ?"
"La mort du roi pendu."

L'individu identifié comme "le Fou" ou "le Bouffon" étant apparemment proche de réaliser ses objectifs, les recherches doivent être intensifiées.


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