SCP-032 : L'Épouse du frère

Informations

Nom : L'Épouse du frère
Auteur : Dr Moradund
Notation : 14/14
Créé le : Sat Feb 21 2015
Objet no : SCP-032
Classe : Euclide

Procédures de Confinement Spéciales

SCP-032 doit être logé dans l'Unité de Confinement Autonome-535/15. Les contacts directs avec SCP-032 doivent être restreints aux tâches liées à la recherche. Les interrogatoires, s'ils sont considérés nécessaires, doivent être effectués à partir du tableau de communication à distance de l'Unité. Tant que la présence de SCP-032 n'est pas directement nuisible pour le corps humain, toute exposition au SCP doit être limitée à des périodes de 12 heures maximum en raison des effets indésirables qu'il peut entraîner sur la plupart des micro-organismes. SCP-032 ne doit être exposé à aucune substance biologique n'ayant pas été raffinée ou transformée artificiellement, tout particulièrement les entités vivantes non-humaines. Pour une liste complète des restrictions, voir le Document-032-RCL. SCP-032 ne peut demander ou même exiger d'autres formes de confort.

Description

SCP-032 est un simulacre humain de Type F (ressemblance externe imparfaite et interne incohérente) d'origine inconnue. Il est composé d'une carapace extérieure de silicone pigmentée épaisse de 5,5 mm, et d'un polymère de fibres plastique diverses, avec l'apparence externe d'une femme caucasienne approchant la trentaine. L'intérieur de SCP-032 est entièrement composé d'une huile liquide raffinée, sans aucune structure squelettique ou musculaire. Malgré cela, SCP-032 est capable de mouvement et d'élocution. SCP-032 est capable de conserver l'illusion d'une humanité pour un observateur distant, mais perd en crédibilité lorsque l'on s'approche, causant un léger inconfort chez la plupart des observateurs. Cet effet n'a pas été considéré anormal. Malgré une apparente possession de capacités cognitives pleinement opérationnelles, SCP-032 déclare ne pas être conscient, et agir simplement en tant qu'intermédiaire de ses créateurs. La Fondation n'a pu vérifier ou réfuter cette affirmation.

SCP-032 a une grande aversion envers toute entité biologique dans son voisinage proche qui n'a pas été créée, délibérément influencée, manipulée ou toute relation similaire avec l'homme. Bien que la nature exacte de ces effets varient, la présence de SCP-032 cause inévitablement de sévères et irréparables dommages aux capacités d'échange et/ou d'utilisation d'énergie des organismes vivants : la flore sauvage perdra sa capacité à produire de la photosynthèse, la faune perdra l'usage de son système respiratoire et digestif, etc. Ces effets s'appliquent également aux micro-organismes, quoique SCP-032 semble préférer endommager leur système de reproduction. La relation symbiotique entre certains micro-organismes et le corps humain pourrait être une raison de cette divergence.

SCP-032 a été découvert assis sur le pas de la porte de l'enceinte intérieure du Site-██ près de ██████████ en Slovaquie. Lorsque le personnel de sécurité de la Fondation l'interrogea, SCP-032 expliqua ses effets anormaux et déclara être là pour "être stocké". Le système de surveillance ne permet pas de connaître précisément l'heure de son arrivée, et il n'y a aucun moyen de savoir comment SCP-032 connait la position du Site-██ ni comment il a pu l'approcher sans être repéré. Lorsqu'il a été interrogé sur la raison de sa demande d'enfermement à la Fondation, SCP-032 répondit qu'il était ici sur demande de ses créateurs, cherchant à être "stocké indéfiniment, jusqu'à revendication".

Note : Cet entretien a été enregistré lors du confinement initial de SCP-032 par le Dr Alexander Kovac, psychologue attitré du Site-██, après son examen par la sécurité du Site.

<Début de l'entretien>

Dr Kovac : Avant de commencer, il y a quelque chose que je devrais vous dire car la sécurité néglige de le faire. Cet entretien n'est pas strictement conforme au protocole, mais il a tendance à faciliter les choses.

SCP-032 : J'ai reçu pour ordre de coopérer.

Dr Kovac : Bien, très bien. Dites-moi alors, quel est votre nom ?

SCP-032 : Je n'en ai pas. Les individus ont des noms. Je n'en suis pas un.

Dr Kovac : Vraiment ? Comment ceux que vous nommez créateurs vous appellent alors ?

SCP-032 : Ils ne le font pas.

Dr Kovac : Ils doivent sûrement référer à vous d'une façon ou une autre ?

SCP-032 : Je suis l'incarnation de leur volonté, et rien d'autre. Ils n'ont jamais eu besoin d'appeler. Ils n'auront jamais besoin de le faire.

Dr Kovac : Dans ce cas, cela vous dérange-t-il si je vous appelle SCP-032 ?

SCP-032 : J'ai reçu pour ordre de coopérer.

Dr Kovac : Vous l'avez déjà dit. Dites-moi donc, pour quelle raison êtes-vous ici ?

SCP-032 : Je suis ici pour être stocké jusqu'à ma revendication.

Dr Kovac : La sécurité me l'a dit, mais pourquoi ici, et revendiqué par qui ?

SCP-032 : Revendiqué par celui qu'ils veulent torturer, et stocké ici pour augmenter ces souffrances lorsqu'il viendra.

Dr Kovac : C'est vrai ? Cette personne fait-elle partie de notre organisation? Vos créateurs portent-ils une rancune envers un agent spécifique ?

SCP-032 : Il n'est pas l'un des vôtres. Simplement un… ancien sympathisant, en quelque sorte. Il croit que vous avez essayé de l'aider une fois, et si il est entraîné ici, si il me trouve ici, vous mourrez. Cela le blessera. Vous ne les intéressez pas, ni vous, ni votre organisation. Vous n'êtes qu'un instrument, comme moi.

Dr Kovac : Qui est-ce, alors ? Qu'a-t-il fait pour recevoir un tel traitement de la part de vos créateurs ?

SCP-032 : Il n'a pas su rester à sa place. Gagnant quand il devait perdre, fut fier alors qu'il avait été humilié. A gaspillé des cadeaux trop précieux pour qu'on en abuse.

Dr Kovac : Et vous êtes ici pour le punir ?

SCP-032 : Il a déjà été puni. Sévèrement. Écarté de sa famille et des siens, forcé à errer indéfiniment, à détruire contre sa volonté. À empoisonner l'humanité par sa seule présence. Une éternelle solitude, accentuée par son incessante culpabilité. Un chef-d’œuvre de supplice, ont-ils dit.

Dr Kovac : Dans ce cas pourquoi êtes-vous ici ?

SCP-032 : Parce que même dans cette existence, il y a d'occasionnels moments de consolation. Parfois, il peut encore regarder le monde et voir des choses qu'il ne pourra pas détruire. Regarder la nature et sentir un émerveillement réconfortant, et se réchauffer dans la lumière factice projetée par d'antiques souvenirs pourrissants. Ça le garde sain d'esprit, lui donne de l'espoir. Qui ne servira pas. D'où ma présence. Je dois être sa dernière destruction, un empressement vers la fin de la raison.

Dr Kovac : Et comment votre présence va-t-elle permettre cela ? Devez-vous le tromper d'une certaine manière? Est-ce ce pourquoi vous avez cette apparence ?

SCP-032 : D'une certaine manière. À la fin, ses errances le mèneront ici, à moi. Dans un jour, un mois, ou un siècle. Et il me reconnaîtra, et verra ce qu'ils pensent de ses précieux souvenirs. Comment ils les raillent. Il va comprendre qu'à cause de ses actions, elle est pour toujours au-delà de sa portée, et tout ce qui lui reste c'est… moi. Un simulacre aussi artificiel que son espoir. Quand il me trouvera, il s'attachera à moi, et il regardera les moqueries sur ses souvenirs détruire sa dernière source de consolation. Et ce sera fini.

Dr Kovac : Je… hum. Vous dites qu'il vous reconnaîtra. Pourquoi ?

SCP-032 : J'étais sa femme.

<Fin de l'entretien>

Note : Cet entretien a été tenu 6 mois après le confinement initial de SCP-032 comme une partie de la série d'entretiens visant à évaluer les capacités cognitives et la personnalité de SCP-032 ou leur absence.

<Début de l'entretien>

SCP-032 : Je la déteste.

Dr Kovac : Bien… C'est une façon comme un autre de démarrer un entretien. Pouvez-vous développer ?

SCP-032 : Celle à laquelle je suis faite pour ressembler. Mon… moule. Je la hais.

Dr Kovac : Il est intéressant que vous ayez ce sentiment, considérant votre assurance répétée quant à votre absence de conscience propre ou de sentiments personnels.

SCP-032 : Je n'en ai pas. Je la hais car ils le veulent. Cela sert leur dessein.

Dr Kovac : Comment pouvez-vous le savoir ?

SCP-032 : La première chose qu'ils ont fait, après m'avoir créé, fut de me la montrer. Ce n'est pas quelque chose qu'ils font souvent.

Dr Kovac : Je ne vous suis pas.

SCP-032 : Interférer avec leurs supérieurs. Ils peuvent être vengeurs, malveillants, ou même cruels, mais ils prennent leur devoir très au sérieux. Juste me la montrer, aurait risqué de perturber son repos final… ils ne l'auraient pas fait sans une raison.

Dr Kovac : Et-

SCP-032 : Elle était belle. Si pacifique, sereine. Entière. Même partie, même morte, J'ai pu voir l'essence de celle qu'elle avait été… de celle qu'elle est encore, et qu'elle sera pour toujours. Son âme. Il m'ont dit qu'elle n'a pas pu beaucoup vivre, mais quand elle vécu… elle fut elle-même. Elle fut vivante. Et c'est pourquoi je la hais.

SCP-032 : Savez-vous ce que c'est, d'être conçu comme une mauvaise plaisanterie ? Dans chaque trait de ce visage lisse, silencieux, j'ai vu une image déformée de moi-même. De la peau parfumée au plastique modelé, des cheveux soyeux aux fibres synthétiques, du sang à l'huile. Une âme inexistante.

Dr Kovac : Excusez-moi si cela semble présomptueux, mais j'ai du mal à imaginer de tels sentiments venant de vous.

SCP-032 : [Secoue la tête] Vous ne voyez pas ? Tout cela fait partie de leur plan. Quand il me trouvera, quand il verra ce que les Frères ont créé… il deviendra fou.

Dr Kovac : À cause de ce qu'ils ont fait à la mémoire de sa femme ?

SCP-032 : Pas seulement ça. Parce qu'il me verra. Il verra à quel point je la hais, et à quel point je me hais pour ne pas être elle. Haine d'être tout simplement là.

Dr Kovac : Et après ?

SCP-032 : Ensuite… une réalisation finale.

Dr Kovac : Et quelle sera-t-elle ?

SCP-032 : Il n'a jamais gagné.

<Fin de l'entretien>


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