Informations
Auteur : macro_au_micro
Notation : 4/4
Créé le : Fri Jun 19 2026
DIFFICULTÉ DE SURVIE : Classe 1
🔶 Sûr
🔶 Sûr
🔶 Sécurisé
Langues :Languages:
Le bourdonnement incessant des néons et la puanteur des vieilles moquettes humides vous réveillent. Devant vous s’étire un vaste labyrinthe désolé, d’un jaune insidieux et d’un hasard frustrant. Vous clignez des yeux. Les couloirs ont changé de place, toujours figés dans leur immobilité sans vie.
Avancez prudemment, vagabond. Cet endroit est tout autant une tombe qu’une porte d'entrée.
Souvent surnommé "l’Enfer Jaune", le Niveau 0 se présente comme un labyrinthe rappelant les arrière-salles que l’on trouve couramment dans les bureaux ou les commerces. Le niveau doit ce surnom à son papier peint d’un jaune maladif et aux moquettes rongées par la moisissure qui le recouvrent.
Description

[La première photo connue du Niveau 0 et des Backrooms]
Quiconque a le malheur de glisser à travers les plis de la réalité risque de s’égarer dans l'irrationalité des couloirs du Niveau 0. Ce premier niveau des Backrooms constitue bien souvent la dernière destination de toute personne y pénétrant. Pris au dépourvu, le vagabond parcourt des kilomètres de salles, de couloirs et d'escaliers à l'agencement aléatoire, chaque étape s'avérant aussi exténuante que la précédente. Cette errance vire au supplice, intensifiée par la monotonie accablante du trajet.
L'esprit humain peine à concevoir l’infini ; pourtant, c’est l’infini qui définit chaque facette du Niveau 0, de ses irrégularités architecturales à son immensité tentaculaire. Cette absence de limites nourrit un vide sidérant, instillant un délire pernicieux qui consume lentement l’individu jusqu’au plus profond de son être. Les résonances sinistres de la liminalité saturent l'esprit, nourrissant sans relâche un basculement vers la démence.
Quiconque y pénètre devient un vagabond égaré dans un océan d'isolement et de paranoïa. Son existence y trouve souvent un terme prématuré, fauchée par la déshydratation ou le manque de nourriture.
Aberrations
[Exemple d'Arches]
[Exemple de Piliers]
[Exemple de Fosses]
[Zone d'obscurité totale]
[Salles rouges]
Le Niveau 0 présente une configuration labyrinthique : s'y aventurer constitue un défi de taille, tant du fait de son immensité que de sa propension à se transformer et à fluctuer plus on y progresse. Plus le temps passé au sein de ces couloirs à l’agencement incohérent s'allonge, plus il est probable d'être confronté à des anomalies architecturales. Il n’existe aucune méthode éprouvée pour échapper au dédale de couloirs du Niveau 0 ; persévérer reste le meilleur gage de survie.
Structure
Malgré sa monotonie absolue, l'architecture du Niveau 0 recèle une multitude d'irrégularités. Cette liste, bien que non exhaustive, recense les anomalies structurelles les plus récurrentes :
La première particularité notable est la présence de murs pâles comportant des ouvertures en forme d'arches. Dépourvues de propriétés spécifiques en dehors de leur esthétique, elles apparaissent généralement dans les culs-de-sac ou ornent les espaces de jonction. L'épaisseur de la moquette y est particulièrement importante, rendant la progression potentiellement plus pénible selon l'état d'épuisement et la quantité de fluide emprisonnée dans les fibres. Certaines arches sont juste assez larges pour qu'une personne de petite taille puisse s'y installer, le temps d'un court répit à l'écart des surfaces détrempées. Les salles comportant des arches sont les plus stables ; elles ont moins tendance à se distordre ou se remodeler à l'insu des vagabonds, ce qui peut aider ces derniers à s'orienter.
"… J’avais l’impression d’avoir marché pendant des jours. C’était sans doute bien le cas. Dur à dire. Le décor est si foutrement monotone qu'au bout d’un moment, tout se brouille dans un immense flou jaune.
Tout ce que je sais, c'est que la douleur à mes pieds dépassait tout ce que j'avais pu connaître. Ces arches ont été le premier et l'unique répit que j'ai eu avant de finir par basculer dans le Niveau Un. Mes pieds étaient gonflés, j’étais déshydraté et je traînais une sinusite qui n'a pas voulu me lâcher pendant des semaines. Mais j’ai survécu, peu importe ce que ça vaut aujourd'hui…"
Le Niveau 0 recèle occasionnellement d'immenses salles remplies de piliers ; ces derniers s'y étendent parfois sur des kilomètres, systématiquement agencés selon un motif en treillis ou en grille. Bien que ces zones soient généralement faciles à pratiquer, leur exploration s'avère extrêmement fastidieuse en raison de leur immensité. La moquette a tendance à y être moins épaisse, permettant de s'y reposer plus facilement, le sol étant moins saturé d'humidité. De nombreux rapports indiquent que, lors de l'exploration de ces salles, les trajectoires déjà parcourues se modifient fréquemment, entraînant un placement asymétrique des piliers et créant des parcours potentiellement déroutants. Il est recommandé de choisir une direction précise au préalable et de ne pas en dévier.
"… C'était ma troisième fois dans le Niveau Zéro, et probablement mon plus long passage. J'étais paré au mieux, compte tenu de la situation, mais on ne se prépare jamais vraiment à un endroit pareil. Le deuxième jour, j'ai erré dans une salle remplie de piliers, il y en avait des rangées infinies, ordonnées en colonnes parfaitement espacées. Il m'a fallu quatorze jours pour en sortir. On a beau se souvenir des méthodes qu'on nous enseigne pour les traverser : dormir face à la direction où l'on va, utiliser sa main gauche pour se guider ; rien de tout ça ne peut vous préparer à une pièce aussi foutrement immense. Dieu merci pour l'Eau d'amande. Difficile de s'imaginer survivre là-dedans sans ça…"
À mesure de la progression dans le Niveau 0, il est possible de rencontrer des fosses s'enfonçant profondément dans le sol. L'intérieur de ces cavités est généralement d'un noir d'encre, la lumière ne parvenant pas à pénétrer l'obscurité au-delà de quelques mètres. À l'instar des piliers, ces fosses apparaissent de manière groupée suivant une configuration en quadrillage, ce qui facilite généralement leur contournement. Certains ensembles de fosses peuvent toutefois s'avérer vastes ou particulièrement denses, rendant le risque de chute considérable. L'issue d'une chute au sein de ces cavités n'a jamais pu être documentée ; toutefois, aucun survivant n'a été signalé à ce jour. En cas de fatigue extrême ou de déshydratation sévère, l'évitement total des sections comportant des fosses est impératif, tant le risque de chute accidentelle devient imminent.
"… Je ne pense pas que ces fosses mènent quelque part. Les gens essaient toujours de trouver un sens à tout. Ils entendent des voix, ressentent une sorte d'attraction, aperçoivent une lueur bleue. On entend toutes sortes d'histoires. Mais ce n'est que notre esprit qui cherche à donner du sens à ce qui n'en a pas, à imposer de la logique à l'illogique. On apprend vite qu'ici, dans les Backrooms, les choses n'ont pas toujours de sens. Il y a rarement une logique ou une signification derrière ces murs. Ça dépasse complètement ces concepts…"
Les zones d'obscurité constituent des pans entiers du Niveau 0 totalement dépourvus d'éclairage. Ces sections sont extrêmement difficiles à franchir, l'espace s'y déformant constamment au-delà du champ de visibilité des vagabonds qui s'y trouvent. Une fois à l'intérieur, s'en échapper est particulièrement difficile, tant il est facile de s'égarer dans l'obscurité. Les survivants ayant pu quitter ces zones décrivent des murs aux textures rugueuses et un silence pesant, marqué par l'absence du bourdonnement habituel des néons. Le sol y est parfois creusé, formant des cuvettes souvent remplies d'un fluide arrivant jusqu'aux chevilles. En cas d'entrée dans une zone d'obscurité totale, il est impératif de courir vers la première lueur visible ou de suivre tout bourdonnement sonore jusqu'à trouver une issue.
"… Ils ont beau être agaçants, ces foutus néons, on en viendrait presque à les regretter une fois dans le noir. Vous pouvez toujours essayer de suivre leur bourdonnement, mais le problème, c'est que le son n'arrête pas de se déplacer. Parfois, on a l'impression de s'en rapprocher, et d'un coup, il se retrouve à nouveau derrière nous…"
Les Salles rouges doivent être impérativement évitées, du fait de l’extrême difficulté, voire de l’impossibilité, de s’en échapper. Il s'agit de sections désolidarisées de l'ensemble du Niveau 0, devenant totalement hermétiques une fois franchies (à l'image d'une boucle fermée). Le simple fait d'être proche de ces salles suffit à déclencher des troubles psychiques graves, se manifestant par une claustrophobie intense ou une paranoïa aiguë. Plusieurs indicateurs permettent d'identifier leur proximité, tels qu'un virage de l'éclairage vers le rouge ou une altération de la moquette, laquelle devient épaisse, collante et particulièrement rêche. Le décollement du papier peint par endroits, exposant une surface cramoisie, est un indicateur supplémentaire. La meilleure conduite à tenir est d'éviter ces salles par tous les moyens ; par conséquent, rebrousser chemin et s'en éloigner au plus vite.
"… À vrai dire, si vous tombez sur les Salles rouges, la probabilité de rebrousser chemin est quasi inexistante ; quant à s'en échapper, n'y pensez même pas. Quand la plupart des gens se rendent compte qu'ils y sont entrés, il est déjà trop tard…"
La configuration du Niveau 0 est un chaos d'aberrations architecturales en évolution permanente, rendu plus complexe encore par un phénomène couramment appelé "Glissement Périphérique". Dès lors qu’il n’est pas directement observé, l'agencement du niveau peut se distordre, s'allonger ou se remodeler de lui-même ; allant parfois jusqu'à modifier totalement des couloirs parcourus pendant des jours. Cette instabilité s'avère profondément désorientante et, plus grave encore, éprouvante, tant pour les nouveaux vagabonds que pour les explorateurs les plus aguerris. Ce phénomène n'est pas uniforme et il existe des zones où il est moins susceptible de se produire ; ce qui, paradoxalement, ne fait qu'accentuer l'insaisissabilité de l'Enfer Jaune.
"… Je me souviens avoir passé l'équivalent de deux jours à cartographier un bout de couloir. Je me croyais doué : je marquais les angles, je comptais les néons et je m'efforçais de garder des repères. Quand je me suis enfin arrêté pour me reposer et que j'ai regardé en arrière, le couloir était complètement différent. Deux jours de marche, disparus en un clin d'œil. Vous pouvez marcher pendant des minutes, des heures, peut-être des jours, et à la seconde où vous détournez le regard, le niveau décide que ces pas n'ont jamais eu lieu. Ce manque de repères, c'est une sacrée claque quand on arrive. J'imagine que ça dépasse les forces de certaines personnes ; ça a presque dépassé les miennes…"
Bruits
Un flux incessant de bruits ambiants sature le Niveau 0 en permanence. Ces nuisances proviennent principalement du bourdonnement des néons, dont le volume peut fluctuer de manière intense et aléatoire. Par moments, le bruit devient assez fort pour causer des dommages auditifs en cas d'exposition prolongée. Lors de ces pics, il est conseillé aux vagabonds de se couvrir les oreilles et de poursuivre leur route pour s'extraire des nuisances.
D’autres occurrences de sons anormaux ont été signalées par des vagabonds, telles que des murmures indistincts ou des voix familières les appelant. Des bruits de grattement se font également entendre à travers les murs, suggérant la présence de quelque chose qui aiguise ses griffes. Cette présence sonore est capable de suivre les vagabonds à travers les couloirs, malgré l'absence totale de source apparente ; il est conseillé de les ignorer et de passer son chemin. La nature de ces anomalies sonores, qu'il s'agisse d'hallucinations ou d'un phénomène encore non découvert, demeure inconnue.
Moquette
La quasi-totalité des sols du Niveau 0 est recouverte d'une moquette à tissage serré, de style berbère. Bien qu'elle paraisse jaune sur les photographies (probablement en raison de l'intensité de l'éclairage) sa teinte réelle se rapproche d'un beige brunâtre lorsqu'elle est observée sans l'éclairage du niveau. Les fibres qui la composent sont constituées d'un matériau synthétique inconnu et conservent une texture rêche en dépit d'une humidité persistante. Malgré de légères variations de texture et de nuance à travers l'immensité du niveau, le revêtement ne présente aucune trace de coutures, formant ainsi une seule et unique pièce de moquette continue.
L'origine des fluides imprégnant la moquette du Niveau 0 demeure largement inconnue. Les analyses des échantillons récupérés ont révélé une grande diversité de substances, notamment de l’eau salée, de l’eau saumâtre, de l’Eau d'amande, de la Douleur liquide, du formol, et même des mélanges visqueux contenant de l’ADN humain et non humain. Il convient de souligner que cette moquette n’est pas comestible et que l’Eau d’amande présente est viciée ; toute tentative de consommation de morceaux de moquette est ainsi fortement déconseillée, même face au désespoir le plus total.
"… On voit ce genre de cas tout le temps à la Base Alpha : des gens s’en sortent de justesse, pour ensuite arriver jusqu'à nous en chancelant, à moitié délirants, gravement déshydratés et affamés. Imaginez survivre à l’Enfer Jaune pour finalement mourir d’une maladie inconnue transmise par la moquette ou d’une occlusion intestinale causée par les fibres. S’il vous plaît, ne mangez pas la moquette…"
Isolement
Un phénomène nommé fort à propos "l’Effet d’Isolement" a été constaté par les individus qui se retrouvent piégés au Niveau 0. Même si deux individus y pénètrent côte à côte, il leur sera impossible de s'y retrouver. Toutes les tentatives de communication (cris, messages laissés derrière soi, marquages au sol ou dégradations des murs) sont vouées à l’échec. Ce niveau est une épreuve qu’il faut impérativement affronter seul.
Cet effet persiste à travers tout le niveau, ce qui s’avère particulièrement éprouvant sur le plan psychologique à mesure que les vagabonds s’y aventurent. Il existe cependant une exception : une petite pièce au sein de laquelle les individus peuvent s’apercevoir mutuellement ; toutefois, la configuration en perpétuel changement du Niveau 0 rend la découverte de ce lieu hautement improbable.
Entités
L’existence d’entités au Niveau 0 reste à ce jour inconnue. Si elles existent, il est probable qu’elles soient, elles aussi, soumises à l’Effet d’Isolement. Bien qu’aucune rencontre avec une entité n’ait été formellement recensée, des vagabonds affirment avoir aperçu des silhouettes sombres les traquant au détour des couloirs et avoir éprouvé une profonde scopophobie en errant dans l’Enfer Jaune.
Entrées et Sorties
Entrée
Basculer hors de la réalité est la manière la plus courante d’accéder au Niveau 0, bien que de nombreux accès soient dissimulés à travers l’immensité des Backrooms.
Sortie
Survivez assez longtemps pour trouver une paroi instable à travers laquelle vous jeter. Elle vous mènera au Niveau 1, vers les vestiges d'humanité qui peuplent encore ce monde.
Quasiment tous les vagabonds se souviennent du moment où ils ont compris que les couloirs n’en finissent plus, que le bruit des néons ne faiblit jamais et que les règles du monde dont ils viennent n’ont plus de sens. Le Niveau 0 n’est pas le pire endroit des Backrooms ; il n'en est que le premier. Malgré les apparences, il existe d’innombrables lieux bien plus terribles dans lesquels vous pourriez bien (ou finirez sans doute par) vous retrouver.
Si vous êtes arrivé jusque-là, vous avez déjà franchi la porte d'entrée ; bienvenue dans les Backrooms.