Informations

Le site de SCP-186 lors du confinement initial, le 09/10/1917
Nom : Mettre fin à toutes les guerres
Auteur : Remar McAnus
Notation : 8/8
Créé le : Thu Apr 17 2014
Objet no : SCP-186
Classe : Euclide
Procédures de Confinement Spéciales
Le site de SCP-186, étant composé approximativement d'une zone de 300 km2, doit être fermé au public sous les auspices d'une initiative de restauration de l'habitat du Bison européen. Un périmètre de sécurité automatisé doit être établi et contrôlé par une équipe située sur le Site-355. Le personnel de sécurité doit effectuer des rondes de SCP-186 toutes les deux semaines; tout phénomènes anormal observé dans le périmètre de sécurité doit être documenté et signalé au Directeur de Recherche.
Toutes les sources principales d'informations concernant les évènements de SCP-186 ont été sécurisées par la Fondation. Ces données doivent être stockées aux archives du Site-23. Etant donné la vétusté de ces données et leur potentiel de détérioration, tout accès à ces documents doit être approuvé par l'archiviste du Site-23 et manipulé selon ses instructions.
Tous les cas de SCP-186-1 doivent être sécurisés dans l'extension des munitions du Site-23.
Description

Mátyás Nemeş, vers 1910
SCP-186 est le site d'un engagement militaire non-répertorié survenu du 24/07/1917 au 13/08/1917 entre des éléments de l'armée Impériale Allemande et les forces du gouvernement provisoire de Russie, dans le cadre de la première guerre mondiale, et des effets persistants qui en furent les conséquences. Ce conflit fut connu par ceux qui y participèrent et survécurent sous le nom de Bataille des bois d'Husiatyn.
En juillet 1917, un engagement armé entre un détachement d'environ 500 soldats allemands et les vestiges d'une division russe éparpillée pendant la contre-attaque de l'Offensive Kerensky se produisit à l'emplacement de SCP-186. Les forces se firent face sur un terrain très boisé à l'extérieur de la ville d'Husiatyn, de nos jours l'Oblast de Ternopil en Ukraine. Dans chaque camp, les combattants déployèrent du matériel de guerre anormal exploitant une technologie encore impossible à reproduire, toujours incomprise de nos jours. Cette bataille entraina finalement la mort ou la neutralisation permanente des forces impliqués, et d'approximativement 300 civils dans les environs immédiats.
SCP-186-1 représente le matériel de guerre récupéré datant du confinement initial de SCP-186 en 1917, et comprend ce qui suit:
Les documents historiques précisent que le détachement allemand impliqué dans la Bataille des bois d'Husiatyn, sous le commandement d'un conseiller militaire Hongrois nommé Mátyás Nemeş, poursuivait spécifiquement ce groupe des forces Russe en déroute, qui à l'époque comprenait le scientifique français, le Dr Jean Durand. Sur la base de documents d'époque, supprimé depuis par la Fondation, on estime que ces deux individus sont responsables du développement et de la production limitée de SCP-186-1, et ont fait en sorte de se trouver dans les camps opposés sur le front Est, dans l'unique but de déployer ces armes en situation de combat.
Journal de recherche 186-7
11/04/1923
Une zone de 3 km² dans la partie Sud-est de SCP-186 subit une mortalité spontanée des arbres. La décomposition se produit dans un laps de temps très rapide, et la zone est complètement vierge d'arbres et d'autres formes de vie végétales en deux semaines.
01/13/1927
Malgré des températures constantes à -15°C, aucune neige n'est visible sur la partie centrale du site. Les températures mesurées sur site sont cohérentes avec les alentours.
09/02/1932

Dr Jean Durand, seule photographie connue
Des détonations sporadiques d'armes à feux sont enregistrées sur le site, malgré l'absence d'observation de quelconque présence humaine. Les détonations persistent pendant trois jours.
05/30/1936: Les agents Chekhov et ██████████ ne reviennent pas d'une patrouille de routine de SCP-186. Aucune trace de l'un ni de l'autre n'est retrouvée.
05/15/1941: Agissant de concert avec des agents de renseignements incorporés au Troisième Reich, le personnel de la Fondation évacue SCP-186 devant l'avancée de l'opération Barbarossa. En conséquence du démantèlement des postes d'observation, une lueur faible visible d'une distance de 150 m se déplace à travers le site selon le personnel. Impossibilité d'obtenir une confirmation visuelle avant de quitter le site.
10/29/1945: Le confinement de SCP-186 est ré-établi après débat avec les officiels de l'Union Soviétique. Lors de la première patrouille suivant le re-confinement, treize corps vêtus des uniformes et des insignes de la 4ème armée Panzer et vingt-sept corps vêtus d'uniformes de la 22ème armée Soviet sont découverts dans un état de décomposition avancée. Aucune identification formelle n'est faite, tous les documents et les insignes avaient été enlevés avant le confinement de la Fondation.
02/19/1959: Suite à la formation d'un imposant gouffre dans la partie Nord-est de SCP-186, quatre hommes sont repérés en train d'errer au sein de cette zone dans un état de désorientation extrême, vêtu dans ce qui sera identifié plus tard comme des uniformes très abîmés datant de la première guerre mondiale, aussi bien allemands que russes. Les sujets furent détenus et dirigés vers le Site-23 pour des recherches approfondies.
04/02/1959: Après avoir réalisé une fouille étendue du gouffre de la partie Nord-est du site, 23 personnes sont découvertes enterrées à une profondeur de 15 m dans une fosse commune, vivantes malgré les décennies d'emprisonnement et diverses blessures. Comme les sujets découverts plus tôt, la plupart sont vêtus de vestiges d'uniformes de la première guerre mondiale et sont considérés comme ayant participé à l’événement initial de SCP-186. Des recherches poussées sur le Site-23 ne produisent que peu de renseignements, les sujets étant incapables de fournir des informations valables ou de communiquer avec le personnel de la Fondation à cause de graves traumatismes psychologiques et de profonds désordres mentaux. Le personnel de la fondation entreprit d'euthanasier les sujets après 3 semaines de recherche, mais échoua à chaque tentative. Les sujets furent donc endormis, anesthésiés puis incinérés.
07/29/1962
Avant une rénovation des bâtiments de confinement, le périmètre de sécurité de SCP-186 se révéla être plus long de 85 m. L'enquête qui suit exclue une erreur de transcription comme étant la source de cette contradiction.
12/13/1975
Des phénomènes météorologiques localisés se produisent complètement et exclusivement à l'intérieur de SCP-186. Ceux-ci comprennent des vents soutenus jusqu'à 120 km/h, des précipitations de 20 cm et des températures atteignant parfois 48°C.
08/12/1987
Des meutes de loups, totalisant une estimation de 200 individus, se déplacent vers SCP-186, se regroupent au centre du site et se dispersent immédiatement.
03/03/2009
Un bouquet de trois épinettes est observé dans la partie Sud-est déboisé de la zone, premier signe de vie végétal depuis l’événement de 1923. L'âge estimé des arbres est de cinquante ans.
Document 186-3
Un papier faisant la réclame d'une lecture donnée par le Dr Durand en Mai 1911 au Royal Institute of Chemistry
POUR METTRE FIN À TOUTES LES GUERRES
Une présentation par le professeur invité Dr JEAN DURAND, ancien de l'Académie des sciences, sur l'annonce d'une science moderne créatrice d'armes tellement dissuasives qu'elles rendront les guerres futures caduques !
Le Dr Durand s'expliquera sur la convergence de la chimie, de la balistique, l'aliénation et d'autres domaines scientifiques émergents qui s'efforcent de permettre à l'humanité d'inaugurer un nouvel âge de PAIX et de MODERNITÉ.
Se tiendra le 19 Mai, au Derbyshire Lecture Hall
Document 186-11
Tribune publiée dans l'édition du 2 Janvier 1912 du quotidien Hongrois Népszava, signée par Mátyás Nemeş
A mes concitoyens et à Son Altesse l'Empereur Franz Joseph,
Il est vrai que la plus grande réussite des hommes est l'unification d'un grand nombre de peuples si disparates, dans un dessein inarrêtable. Cela va sans dire que notre magnifique Royaume incarne ce principe indéniable, de Vienne jusqu'à Budapest.
Mais il en existe, aussi bien à l'intérieur de nos territoires et ailleurs sur le continent, qui nous verraient comme un milliers d'échardes éparpillées et qui se dresseront sur la voie de notre destinée. Que faut-il faire de ces fauteurs de troubles et de ces mécontents ? Alors que les traîtres et les radicaux sont pendus comme les chiens qu'ils sont, il n'est pas de moyen d'exécution suffisant pour étouffer les braises de la traîtrise qui enflamment le cœur des Balkanites. Comment peut-on prouver notre intention d'unité, notre pouvoir, notre place accordée par Dieu à la tête de l'Europe ?
Par la force des armes ! Le pendu ne peut inspirer la peur que dans le cœur de quelques dizaines. Une bonne armée peut la provoquer chez des millions. Peut-être avons nous le nombre, mais nous ne sommes pas les seuls. Les Russes et les musulmans peuvent rallier des hordes sous leurs bannières, mais ce n'est que du bétail indiscipliné. Ce qui sépare l'Homme de l'animal n'est pas sa supériorité numérique, non, mais sa supériorité intellectuelle, prouvée par sa vivacité d'esprit et sa ruse.
Chers concitoyens, j'ai dédié ma vie à la construction d'une preuve de cette ruse à laquelle personne ne pourrait s'opposer, loué soit le Tout-puissant ! C'est par le biais d'armes supérieures que nous parviendrons à concrétiser notre grand projet, aussi bien dans notre patrie qu'à l'extérieur. Donnez-moi les usines, donnez-moi les effectifs, donnez-moi la chance de servir notre Empire grâce à ma ferveur, et je transmettrai à notre peuple l'épée ardente qui illuminera la voie d'une Europe civilisée ! C'est par ces méthodes, et par elles seules, que nous trouverons les réponses aux questions qui nous tourmentent aujourd'hui !
Document 186-32
Télégramme envoyé par Jean Durand à Mátyás Nemeş de Paris, le 28 Avril 1912
AI CONSIDÉRÉ VOTRE PROPOSITION
DOIS REFUSER. MÉTHODES INFÉRIEURES ET SANS RAPPORTS AVEC MES PROPRES RECHERCHES
VOS OBJECTIFS SONT DE CONQUÊTES. LES MIENS DE PAIX.
CORDIALEMENT, J. DURAND
Document 186-39
//Mémorandum non daté du Général Felix von Bothmer de l'armée Impériale allemande à un subordonné non mentionné //
Prenant effet immédiatement, le Lt. Nemeş est assigné à votre unité comme conseiller. Les armes expérimentales doivent être déployées uniquement sur ordre du Lt. Nemeş. Malgré le potentiel de percer le front roumain, il n'est guère sage d'utiliser ces choses impies jusqu'à ce que leur efficacité soit connue. Les rumeurs d'un développement similaires chez les Tsaristes restent sans fondement.
Document 186-52
Lettre du soldat Pyotr Avtukhov, ayant pris part à la Bataille des bois d'Husiatyn
Très chère Nadya,
Le maudit Français que les hommes ont choisi pour les guider parlait de paix. Il parlait d'armes si effroyables que l'ennemi se rendrait sur le champ. Nous étions des idiots. Nous avons couru dans les tranchées avec les fusils des morts et des bâtons de fortune. Nous l'avons cru comme nous croyions ceux qui avaient encore de quoi subsister.
Nous n'avons jamais réfléchis d'où venait cet homme. Nous ne sommes pas demandé non plus pourquoi il avait ces armes. Nous nous en fichions. On voulait vivre.
Nous n'avions jamais envisagé que l'ennemi puisse avoir les mêmes armes que nous. Je ne pense pas que le Français l'ait envisagé non plus. Du moins c'est ce que j'espère. Je ne peux imaginer qu'un homme sachant ce qui allait se passer soit resté. Peut-être que le Français n'est pas un homme. Peut-être qu'il est autre chose.
Je suis assis en ce moment dans un trou que j'ai creusé quelque part dans la forêt. J'aurais dû courir dès que j'ai vu les allemands prendre Gilyov pour cible. Ce n'était pas des balles qu'ils ont tiré. Je n'ai pas pu supporté de voir sa tête se faire arracher alors qu'il continuait de crier. Je crois avoir vu des mains séparer sa tête de son corps.
J'entends Volikov crier à quelques pas d'ici qu'il peut voir le diable faire rôtir ses enfants. Ça fait cinq jours qu'il hurle la même chose.
J'aurais du m'enfuir à tant d'occasions. Le Français nous avait donné une nouvelle arme à gaz. Nous avons commencé par refuser, on se souvenait tous de ce qui s'était passé en Roumanie. Mais il nous promis que ce serait différent, que cela pourrait les vaincre sans les blesser. Qui veut encore d'un bain de sang, nous dit-il. On ne pouvait être plus d'accord avec ça. Nous fîmes feu au mortier sur une position ennemie. Un gaz bleu étrange suinta entre les arbres, et le Français nous mis en garde d'avancer. Encore une chose, dit-il. Il prit un de nos fusils, puis après avoir visé, tira une fois. Avant que nous ne puissions demander ce qu'un scientifique connaissait dans le maniement des armes, nous avons entendu hurler. Il avait touché un des allemands.
Il me tendit une paire de jumelles. Jette un œil, dit-il. Je vis l'allemand, à qui il manquait la moitié de la tête, ne cessant de hurler. J'ai tout vu dans cette guerre, mais jamais le visage que firent les camarades de l'allemand en regardant leur camarade. Le Français, de son effroyable voix calme, ajouta que son tir avait emporté près d'un quart des tissus cérébraux du soldat. Assez pour causer la mort, précisa-t-il. Mais regardez.
Non, dit le Français, sans les blesser du tout. Je vous ai accordé le don de la vie sur vos ennemis. Qui peut donc s'opposer à cela, demanda t-il.
Je dû partir vomir derrière quelques buissons. Je ne l'avais pas fait depuis les premières tranchées. Qui, en effet, aurait pu continuer à combattre après une telle horreur ? Mais nous combattîmes. Une fois, un de nos groupe fut pris en embuscade et poursuivi sur une plaine. Les premiers hommes qui passèrent les arbres furent touchés par quelque chose qui leur prit leur peau. Je ne peux dire pourquoi voir des hommes être mis en morceaux n'est pas aussi effrayant que de voir un corps soigneusement écorché sur le champ de bataille, mais notre groupe finit par se disperser.
Nous ne sommes plus des armées. Plus maintenant. Nous sommes des animaux, piégés ensemble dans la forêt, incapables de comprendre. Parfois, quand Volikov dort, j'entends le Français dans les bois, vociférant en hongrois, il hurle et rigole. Je préférerais presque entendre Volikov.
Je vais crever dans ce trou. Je suis trop effrayé par ce qu'il y a au-delà pour faire quoi que ce soit. Minkin va essayer d'affronter ces horreurs dans les bois pour s'échapper. J'envoie cette lettre avec lui en espérant qu'il y parvienne. En lui donnant, il plaisanta sur le fait qu'on lui donnerait une place dans la fonction publique après la guerre pour avoir livré une lettre en provenance de l'enfer. Je ne suis pas certain qu'il ait tort.
Au revoir,
Pyotr